Au lieu d'aller à la soirée huppée de l'année, nous avons préférés aller à la soirée gothique du Hyde Park. Grand bien nous en a pris !
Après avoir marchés pendant un long moment sur le bord de la route, nous sommes arrivés au repaire Hyde Park situé aux abords de la ville. Pour tenter de passer inapercu, nous nous sommes maquillés, eye-linés, et avons passés nos ongles à la peinture noire. Les gens dans la rue ne sont pas habitués à une telle débauche de moyens.
Souvenez-vous des scènes de rave dans Blade ou des atmosphères plus feutrées issues des livres de Rice, et de tant d'autres auteurs... Tout était là, devant nous. A un mètre les uns des autres, quasiment tous en ligne, ils ondulaient ou scotchaient sur les lumières en ondulant de la tête, regardant en l'air. Limite surréaliste. Aucuns gènes à avoir, ils sont tous fringués comme des gothiques extrêmes, ceux que l'on voit dans les productions cinés racoleuses, même si certaines sont tout bonnement magnifiques : longues robes splendides, en bustiers, avec des coiffures parfois excentriques...
On les rejoint assez vite, c'est la transe collective sur le dernier Depeche Mode, ils dansent tous lascivement en fermant les yeux, ce genre de choses... Un mec me tape dans le dos. Je me retourne, croyant que ca yest, je me suis fait griller, je vais me faire jeter. En fait non, c'est un gars avec une bière qui me baragouine quelque chose en allemand. Je lui demande de répéter et à priori, on s'est fait capter en tant qu'étranger dès l'entrée dans la soirée car il change immédiatement de langue :
- D'ya speak English ?
- Yes !
- Are you with'em ? (Il me montre Perrine, Charlotte, Elodie et Na)
- Yes ! (quel échange ! Quelle discussion !) Il fait une petite moue approbatrice et me serre la main en guise de respect (une gageure masculine !) avant de s'éloigner. Son comportement audacieux indigne d'une telle boîte nous fait réaliser qu'il y a certains codes à respecter : Au cours de la soirée, je n'ai vu aucune fille se faire ostensiblement draguer et coller par des gros relous. Tout le monde semble au-dessus de ca, ou les gars ont peur des grosses bottes des filles.
Sinon, c'est l'éclate : De la grosse bonne musique qui tape, des gens surexcités, de la fumée, encore des gens bizarrement accoutrés qui errent dans l'obscurité, et nous au milieu, à danser et à s'agiter frénétiquement... A un moment, je me suis quand même rendu compte que je n'avais vu de filles en porte-jarettelles... ni de travelo grossièrement déguisés.. ni de filles en string habillées d'un simple filet... ni de mélanges bustiers cuir / mini-jupes cuir / collier de chien apparaissant comme étant aussi logique.
On arrête à 2h et demie, le temps de croiser un comte Dracula, une fille sublime avec son éventail, des apprentis vampires et même un vieil homme dont je ne saurai jamais si le col blanc autour du cou en fait un guetteur ou un envoyé de l'Eglise chargé de réguler les débordements. Au passage, nous sommes quasiment les seuls à porter du vernis à ongles noirs... les clichés nous tueront.
Soirée géniale, ambiance de folie... Je le savais, je suis une créature de la nuit.
Face it, I'm a gothic.
> Euh... do the devolution baby !
Mon voisin de cave a réapparu après 2 semaines d'absence, me faisant à présent regretter le temps où je pouvais faire le bruit que je voulais, ou étendre mon linge n'importe comment sur le palier. Il a débarqué dans la cuisine en disant qu'il allait faire du "batman", ce qui m'a d'abord réjoui avant que je ne comprenne qu'il s'agissait en fait de badminton.
Ca bouge, et même si la routine pointe le bout de son nez (en même temps que la pluie), nous continuons de nous occuper les uns les autres. D'ailleurs le dernier week-end d'octobre fut l'occasion pour beaucoup d'entre nous de recevoir de la visite, à croire que ce sont les vacances en France (ahah)
Ca fait un mois que je suis là-bas et je sais déjà deux choses sur les jeudis matin : Si je me réveille en sursaut à 7:30 du matin, c'est parce que l'équipe de nettoyage du Wohnheim débarque pour se faire les cages d'escalier. Tous les jeudis matin, trop tôt d'ailleurs.
Lors du court séjour à Hannovre, visite de l'exposition photo de Gregory Crewdson, lequel travaille d'ailleurs plus comme un chef opérateur que comme un vrai photographe: équipe technique conséquente, prise de photos en studios, n'hésitant pas à foutre le feu à des batiments pour saisir le bon cliché et diagnostiquer les névroses et peurs de l'Amérique (la teneur spectrale de sa série Twilight en font d'ailleurs un double inquiétant de David Lynch dont Lost Highway ressort bientot en DVD).
(relation a l'image, voire lien en bas de page)